LORSQUE L’ENFANT “NE VEUT PAS” SE NOURRIR

LORSQUE L’ENFANT “NE VEUT PAS” SE NOURRIR

QUELQUES POINTS FIXES

Dans le traitement du rejet des seins, il est important de maintenir certains points fermes.

  • Le bébé doit être nourri correctement. Si cela n’est pas possible actuellement au sein, le bébé doit recevoir suffisamment de lait par d’autres moyens1.
  • La production laitière devrait être maintenue. Le lait est produit parce que le sein est régulièrement “vidé” : plus le lait est retiré du sein, plus la production de nouveau lait sera intense. Si le sein n’est pas drainé parce que le bébé n’est pas sévère ou ne le fait pas efficacement ou pour une période trop courte, le lait doit être extrait par d’autres méthodes (tire-lait ou pressage manuel) afin de maintenir le stimulus de la production. Le lait exprimé peut être offert au bébé par d’autres moyens. Une fois que l’allaitement est maintenu et que le bébé est bien nourri, la résolution du “rejet” devient une question de temps ; vous ne savez pas combien de temps cela prendra, mais vous et votre bébé pouvez prendre autant de temps que nécessaire pour résoudre le problème.
  • Vous pouvez retrouver votre relation avec votre enfant d’une autre façon. Tout en travaillant à la résolution du problème, il est nécessaire de récupérer par d’autres moyens ce qui a échoué : le contact peau à peau tendre et intime avec le bébé, le sentiment de proximité et de communication spéciale qui s’établit naturellement pendant l’allaitement. Cela peut se faire de plusieurs façons. Tout d’abord, utilisez un porte-bébé ou une écharpe porte-bébé et amenez le bébé le plus possible : même à la maison, l’écharpe peut être un moyen non seulement agréable de rester avec le bébé, mais aussi utile pour le garder calme et satisfait pendant les tâches domestiques. Le contact peau à peau peut être assuré à la maison en “portant” le bébé en contact direct avec votre poitrine : cela facilitera le retour du bébé au sein. Baigner ensemble, masser le bébé, dormir ensemble, ou simplement jouer et échanger les câlins que chaque mère connaît, sont d’autres façons de garder vivant ce lien qui vous aidera à trouver le moyen de ramener votre bébé au sein, et surtout vous donnera la certitude intime que votre enfant ne vous “rejette” pas, mais traverse seulement un moment difficile.
  • Il est essentiel de trouver du soutien. Notre culture n’est pas très favorable à la mère qui allaite même quand l’allaitement est bon, et est encore plus disposée à la décourager dès les premières difficultés. C’est pourquoi il est utile de demander l’aide de personnes compétentes en matière d’allaitement maternel faire partie d’un réseau de relations avec des personnes qui ont une approche positive de l’allaitement.

Souvent, la mère qui se trouve dans cette situation, en fait, doit aussi faire face au manque de soutien des gens qui l’entourent. Notre culture, qui considère généralement l’allaitement maternel comme une entreprise difficile, exigeante et incertaine, et qui considère par contre qu’il est normal de nourrir le bébé avec un aliment synthétique administré au biberon, peut ne pas comprendre les efforts que fait la mère pour amener ou ramener au sein son bébé. Animés par de bonnes intentions mais mal informés, les gens peuvent penser qu’il ne vaut pas la peine que vous vous donniez tant de mal, alors que la bouteille “est pratiquement la même”, peuvent s’inquiéter pour votre santé et vous inciter à ne pas vous stresser, à ne pas “perdre votre santé”.

BEAUCOUP DE CAUSES, BEAUCOUP DE SITUATIONS DIFFÉRENTES

Nous essayons de définir les différentes situations qui sont génériquement définies comme “rejet des seins”. Premièrement, la période au cours de laquelle le problème se pose.

  • Le bébé rejette le sein après une période pendant laquelle l’allaitement s’est bien déroulé. Il peut s’agir de ce que l’on appelle la “grève des bébés”, un phénomène qui peut se produire pour un certain nombre de raisons très différentes. Souvent, les causes de la grève ne peuvent être comprises qu’une fois qu’elle a été résolue, et parfois elles restent un mystère. La grève peut durer quelques heures ou plusieurs jours, et le bébé peut retourner au sein à l’improviste, ou graduellement. Chez l’enfant plus âgé, la grève diffère de l’auto sevrage parce que dans le second cas (qui ne se produit habituellement jamais la première année), l’enfant est serein et satisfait et n’est tout simplement pas intéressé à allaiter, alors que dans la grève, l’enfant est visiblement malheureux, agité et insatisfait, et semble vouloir téter, même si alors quand il est mis au sein ne le fait pas.